Biodiversité : l'Europe regorge de nouvelles espèces animales

Biodiversité

Source : CNRS - le 3 juillet 2012 | 13/07/12 | Bordeaux, France

Fruit commun de la bio-informatique et de la taxonomie, Fauna Europaea est la première base de données livrant les vrais chiffres des différents composants de la biodiversité animale européenne.

Depuis 2004, 125.000 espèces y sont ainsi répertoriées, dont 254 de mammifères, 77 de batraciens, 27.666 de coléoptères (charançons, scarabées, coccinelles) et 3.114 de mollusques (escargots, limaces, moules d'eau douce).
Menée par Benoît Fontaine du laboratoire Conservation des espèces, restauration et suivi des populations (Cersp, MNHN (Le Muséum National d\'Histoire Naturelle est un établissement français de recherche scientifique et de diffusion de la culture naturaliste) et CNRS) et Philippe Bouchet du laboratoire Systématique, adaptation, évolution (MNHN, CNRS et UPMC), une étude publiée dans la revue Plos One par un consortium international de 51 auteurs vient de montrer que 770 espèces sont nouvellement décrites chaque année dans cette base.


Près de 5.881 nouvelles espèces animales ont été découvertes en Europe entre 1998 et 2007. Elles se répartissent en différents groupes (dont l'importance est exprimée en pour cent) présentés dans ce graphique. Pour chaque Taxon (Groupe d\'organismes vivants qui descendent d\'un même ancêtre et qui ont certains caractères communs. Les embranchements, classes, ordres, familles, espèces...sont des taxons), les histogrammes indiquent le nombre d'espèces découvertes par des amateurs (rouge), des professionnels (mauve) ou des personnes dont le métier n'est pas renseigné (gris). © Fontaine et al. 2012, Plos One (adapté par Futura-Sciences)

 

Les nouvelles espèces majoritairement décrites par des amateurs


La taxonomie est une science parfois décrite comme en crise et souffrant du handicap taxonomique (manque de main-d'œuvre ou de financements, connaissances insuffisantes), mais elle est pourtant extrêmement dynamique. En effet, même en Europe – parcourue en tous sens par les naturalistes depuis plusieurs siècles – des espèces sont encore découvertes aujourd'hui à un rythme sans précédent : une chauve-souris en Grèce, une cigale dans le Bassin parisien, des crustacés des grottes, des poissons des rivières des Balkans, des acariens dans les névés. Les montagnes et les îles de l'Europe du Sud restent les principaux réservoirs d'espèces inconnues.


Autre fait marquant de cette étude : plus de 60 % des descriptions d'espèces nouvelles pour la science sont le fait de taxonomistes non professionnels. Les amateurs sont connus pour constituer une ressource importante dans d'autres disciplines, comme l'écologie ou l'astronomie, mais l'importance de leur contribution en taxonomie n'avait jamais été mesurée jusqu'à présent. Il est indispensable de développer un système permettant de mieux soutenir et guider cette ressource humaine, en favorisant, par exemple, une meilleure intégration du travail des amateurs basé sur l'anatomie avec celui de professionnels utilisant les outils de la systématique moléculaire.

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