Les vagues de chaleur l'été seraient bien liées au réchauffement

Changement Climatique

Par Quentin Mauguit, Futura-Sciences | 27/08/12 | France

De nombreux pays de l'hémisphère nord ont récemment connu des étés extrêmement chauds, à l’image de la France en 2003, de la Russie en 2010, du Mexique en 2011 et de certaines régions des États-Unis en 2012. Les violents incendies ayant touché le Colorado en juillet dernier peuvent en témoigner. Un responsable a rapidement été incriminé : le réchauffement climatique. Mais possède-t-on des preuves permettant d’accabler ce coupable tout trouvé ? Des variations naturelles du climat ne pourraient-elles pas expliquer ces anomalies saisonnières de température ?
Une nouvelle étude publiée dans la revue Pnas par James Hansen, du Nasa Goddard Institute for Spatial Studies (GISS), vient d’établir le lien fort entre la survenue croissante des vagues de chaleur et le réchauffement climatique observé durant la seconde moitié du XXe siècle. Les accusations étaient donc fondées. Pour preuve, le pourcentage de territoires de l’hémisphère nord ayant souffert d’étés « extrêmement chauds » a parfois été multiplié par 13 entre une période s’étendant de 1951 à 1980 (moins de 1 %) et une autre couvrant 2006 à 2011 (4 à 13 %). Comment le chercheur est-il parvenu à cette conclusion ?

 

voir les graphiques

Le graphique visible au début du film présente la fréquence des anomalies de température mesurée sur les terres émergées de l’hémisphère nord durant une période de référence s’étendant de 1951 à 1980. La zone grise indique une situation normale. Les aires rouges et bleues correspondent à des anomalies respectivement positives (plus chaud) et négatives (plus froid). Une fois animé, le film présente l’évolution de la courbe entre 1951 et 2011 (par période de 11 ans). Le tracé se déplace vers la droite durant ces 30 dernières années, traduisant ainsi une augmentation du nombre d’étés considérés comme chauds (entre 1 et 2 écarts-type, Standard deviation sur l'axe des abscisses) à extrêmement chauds (plus de 3 écarts-type). Ce phénomène aurait été causé par le réchauffement climatique. © Nasa/Goddard Space Flight Center GISS and Scientific Visualization Studio

 

Réchauffement : de plus en plus d’étés chauds
Les climatologues de la Nasa collectent depuis de nombreuses années des données sur les anomalies de température de surface, aussi bien positives (chaleur anormale) que négatives (périodes froides), observées pour différentes régions du globe, notamment grâce à l’utilisation de satellites tels que Terra (les résolutions exploitées lors des mesures ont été de 1.200 km et 250 km). Les informations récoltées entre 1951 et 1980 ont été utilisées pour définir un point de référence. Il faisait alors 0,5 à 0,6 °C de moins sur Terre que maintenant.
Rapportées dans un graphique, les mesures de température s’ajustent sur une courbe en cloche dite de Gauss. Son sommet correspond à une température moyenne. Les côtés droit et gauche ont respectivement été divisés en 3 catégories caractérisant chacune un niveau d’anomalie thermique : chaud ou froid, très chaud ou très froid et extrêmement chaud ou extrêmement froid. Les extrêmes sont situés à plus de 3 écarts-type de la température moyenne de la période de référence.
Les courbes produites pour les années 1980, 1990 et 2000 ont toutes un point en commun. Elles se sont progressivement déplacées vers la droite au cours du temps et par rapport au graphique de référence (voir vidéo). Ce résultat démontre un fait important : vivre un nombre sans cesse croissant d’événements chauds en été correspond à une nouvelle normalité !

De plus en plus d'événements climatiques extrêmes
Une seconde tendance est apparue en analysant les courbes : elles s’aplatissent et s’élargissent au cours du temps. Les anomalies de température varient donc beaucoup plus qu’avant. Près de 75 % des terres émergées de l'hémisphère nord ont connu des étés de la catégorie « chaud » ces trois dernières décennies. Durant la période de référence, ce chiffre s’élevait à 33 %.
L’élargissement des courbes entre 1980 et 2011 résulte également de la survenue de plus en plus fréquente d'épisodes climatiques extrêmes. Ils étaient absents ou rarement observés durant la période de référence. Détail intéressant, les événements estivaux « extrêmement froids » ont plutôt eu tendance à disparaître ces dernières années.
Durant certains étés particulièrement chauds, les personnes affirmant que « c’est la faute du réchauffement climatique ! » pourraient donc bien avoir raison...

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